Vers la fin de 1985 les questionnements des promoteurs du parc tournaient autour de l’implication du politique " de quelle façon allons-nous obtenir l’appui du gouvernement français ? ".
Ce dernier était naturellement très intéressé pour obtenir le nouveau parc à thème Disney. Lorsque Charles de Chambrun, ancien ministre du Commerce Extérieur du Général de Gaulle, conseille en 1984 à un chef de cabinet d’Edith Cresson "d’aller faire un tour aux USA", ce n’est pas pour y prendre quelques jours de repos. Disney est alors un partenaire informel à la recherche d’un site d’accueil pour l’implantation d’un nouveau parc à thème.
Disney eu un discours très convainquant : « partout où Disney a ouvert un nouveau parc des milliers de nouveaux emplois ont été créés. Et les millions de touristes qui visiteront euro Disneyland seront une bénédiction pour l’économie française. »
Parallèlement, Disney essayait de réduire au minimum son risque financier dans l’entreprise. Mais en même temps ils ont voulu gagner le maximum de bénéfices que possible avec le nouveau parc et surtout garder le contrôle de la gestion et ne pas commettre la même erreur qu’à Tokyo. C’est le chef de la division des parcs à thème de Disney, Dick Nunis, qui mena les négociations avec le gouvernement français au nom de la compagnie.
Pour les collectivités locales, le match est inégal, et Disney impose peu à peu ses exigences. "Le monde politique était preneur de l’hypothèse Disney pour tous les emplois que ça allait créer", rappelle Gérard Burlet, élu conseiller général RPR de Torcy (en ville nouvelle) en 1985. Dès les premières annonces officielles, il demande à être associé en tant qu’auditeur auprès du Conseil Général. "Mais les véritables discussions se déroulaient au niveau des cabinets", découvre-t-il rapidement. Bientôt, Etat et Conseil Régional sont prêts à donner leur accord au projet alors qu’est nommé en août 1985 un négociateur unique : Jean Peyrelevade. Pourtant, à cette époque, jamais encore le Conseil Général de Seine et Marne n’a été associé aux négociations. La conséquence d’un vieux fond de centralisme pour Gérard Burlet qui assure que Paul Séramy, alors président du Conseil Général, demeurait serein. "Il savait qu’un jour ou l’autre, on viendrait le voir". Effectivement...
Mi-Décembre, les Français sont d’accord pour vendre à Disney environ 18 kilomètres carrés de terre dans le Val de Marne à Disney à un prix inférieur à celui du marché.
Gérard Burlet se rappelle que « le 14 décembre 1985, le Conseil Général organise au château de Vaux-le-Vicomte la cérémonie de remise des récompenses du Grand Prix Départemental d’architecture contemporaine. La soirée est déjà bien avancée lorsque le directeur de cabinet de Paul Séramy reçoit un appel de Jean Peyrelevade lui proposant de rencontrer le négociateur Disney. "Ils venaient de s’apercevoir que sans le département, aucun accord n’était possible". Vers minuit est arrivée la délégation Disney, accueillie dans un château historique comme il n’en n’existe pas aux Etats-Unis. Il y avait une haie de laquais, les bougies au sol... les américains avaient du rêve dans les yeux !". Quatre jours plus tard, le 18 décembre 1985 à Matignon, Laurent Fabius, Michael Eisner, Edith Cresson et Michel Giraud signent la lettre d’intention pour l’implantation d’un parc d’attractions. La France a gagné son pari. Disney aussi !

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